IA en Afrique : l’approche panafricaine de Sidi Mohamed Kagnassi pour transformer l’innovation en impact concret

L’intelligence artificielle (IA) n’est plus une tendance lointaine : son impact mondial se fait déjà sentir en Afrique. Selon Sidi Mohamed Kagnassi, cette dynamique représente une opportunité majeure pour le continent, à condition d’adopter une stratégie à l’échelle panafricaine. L’idée est simple et puissante : unir les efforts des États pour bâtir des infrastructures numériques robustes, mettre en place des cadres réglementaires cohérents et faire de la diversité culturelle et linguistique africaine un avantage compétitif afin de concevoir des solutions réellement adaptées aux réalités locales.

Dans une perspective résolument tournée vers l’action, Kagnassi met aussi en avant les conditions de réussite : investir dans les compétences, soutenir l’écosystème d’innovation (start-up, R&D, partenariats), et intégrer plus tôt les formations en IA et en STEM (science, technologie, ingénierie, mathématiques) pour mobiliser la jeunesse africaine. L’objectif : faire de l’IA un levier de création d’emplois, de modernisation des services essentiels (agriculture, santé, éducation) et de souveraineté numérique plutôt qu’un facteur de décrochage.


Pourquoi une approche panafricaine est la clé, selon Kagnassi

Le constat de Sidi Mohamed Kagnassi est pragmatique : l’IA se développe vite, et les pays qui en tirent parti sont ceux qui savent combiner vision, capacité d’exécution et cadre de confiance. Or, à l’échelle du continent, la fragmentation des marchés, la disparité des infrastructures et l’hétérogénéité des régulations peuvent ralentir l’adoption et limiter l’impact.

Une approche panafricaine vise donc à :

  • Mutualiser les efforts (investissements, standards, bonnes pratiques) plutôt que de dupliquer des initiatives isolées.
  • Créer un espace propice à l’innovation, où les entreprises peuvent expérimenter et déployer des solutions au-delà d’un seul marché national.
  • Renforcer la cohérence réglementaire afin de réduire l’incertitude et de faciliter les partenariats public-privé.
  • Accélérer l’émergence de solutions locales en s’appuyant sur la diversité linguistique et culturelle, particulièrement importante pour la conception d’outils numériques pertinents et inclusifs.

Dans cette logique, l’IA n’est pas seulement une technologie. C’est un accélérateur qui valorise les infrastructures (connectivité, données, cloud, puissance de calcul), les institutions (règles, achats publics, politiques industrielles) et le capital humain (éducation, recherche, entrepreneuriat).


Transformer la diversité culturelle et linguistique en avantage IA

L’un des points forts soulignés par Kagnassi est la capacité du continent à faire de sa diversité un moteur d’innovation. Là où certains peuvent voir une complexité, l’Afrique peut y trouver un gisement de valeur : langues multiples, contextes culturells variés, pratiques économiques et sociales distinctes.

Concrètement, cette diversité peut :

  • Stimuler la conception de solutions plus adaptées, parce qu’elles sont pensées pour des usages réels (terrain, contraintes locales, besoins communautaires).
  • Favoriser l’inclusion numérique, en poussant à développer des interfaces, des assistants et des contenus qui reflètent la pluralité linguistique.
  • Créer un différenciateur pour les start-up et les acteurs publics qui conçoivent des services ancrés dans les réalités africaines, et pas seulement importés.

Cette orientation bénéficie directement aux secteurs où l’impact social et économique est immédiat : agriculture, santé, éducation. C’est précisément là que l’IA peut apporter des gains rapides, mesurables et visibles.


Des cas d’usage à fort impact : agriculture, santé, éducation

La vision portée par Kagnassi met l’accent sur l’IA comme outil d’optimisation, de prévision et de personnalisation. L’idée n’est pas d’adopter l’IA “pour l’IA”, mais de l’utiliser pour résoudre des problèmes concrets, avec un retour direct sur la qualité de vie et la compétitivité économique.

IA et agriculture : productivité, résilience, meilleure décision

Dans l’agriculture, l’IA peut contribuer à améliorer les décisions et à réduire les pertes, en soutenant par exemple :

  • l’aide à la planification et à la gestion des cultures,
  • la détection plus précoce de problèmes (stress hydrique, maladies, ravageurs) lorsque les données existent et sont exploitables,
  • la meilleure allocation de ressources (intrants, irrigation) selon le contexte.

Le bénéfice attendu est double : augmenter la productivité et renforcer la résilience face aux aléas, tout en améliorant l’accès à l’information opérationnelle pour les acteurs du secteur.

IA et santé : efficacité, priorisation et continuité des soins

Dans la santé, les solutions IA peuvent soutenir l’organisation, la priorisation et l’accès aux services, notamment via :

  • l’aide au triage et à l’orientation des patients,
  • l’amélioration des processus (planification, gestion de flux, support administratif),
  • le renforcement des outils d’information et d’éducation à la santé.

Le potentiel est particulièrement important quand les systèmes doivent faire plus avec des moyens limités : l’IA devient alors un levier d’efficience et de qualité de service, à condition d’être encadrée et alignée sur les priorités publiques.

IA et éducation : personnalisation, accès et soutien aux enseignants

En éducation, l’IA peut renforcer l’apprentissage en s’intégrant aux objectifs pédagogiques :

  • outils de soutien à l’apprentissage et à la révision,
  • personnalisation des parcours et du rythme quand les dispositifs le permettent,
  • aide à la production de contenus et à l’accompagnement des enseignants.

La promesse est claire : améliorer l’accès, réduire certains écarts et moderniser les pratiques, sans remplacer le rôle central des éducateurs.


Innovation et emplois : un effet d’entraînement déjà visible

Pour Kagnassi, l’IA est aussi un levier économique. Elle favorise la création de nouvelles activités et l’émergence de start-up, avec un effet d’entraînement sur les services numériques, la formation, la donnée, la cybersécurité, et l’ingénierie logicielle.

L’exemple de l’Afrique du Sud est cité comme un signal positif : on observe déjà une dynamique d’adoption et de création d’entreprises innovantes autour des technologies IA, ce qui illustre un point essentiel de la stratégie panafricaine : dès que l’écosystème (compétences, marché, infrastructures, cadre) s’aligne, la valeur peut se matérialiser rapidement.

Au-delà des start-up, l’IA soutient également :

  • la montée en gamme des entreprises existantes (optimisation, qualité, rapidité d’exécution),
  • la structuration de nouveaux métiers (donnée, produits IA, conformité, déploiement),
  • la création d’emplois indirects (support, formation, maintenance, services spécialisés).

Les défis à relever pour ne pas “prendre du retard”

Le message est volontairement mobilisateur, mais lucide : Kagnassi alerte sur des obstacles réels qui, s’ils ne sont pas traités, peuvent ralentir l’adoption et limiter l’impact économique et social.

1) Déficit d’infrastructures numériques

Sans connectivité fiable, capacité de stockage, accès à des ressources de calcul et services numériques performants, l’IA reste difficile à industrialiser. Les solutions peuvent exister en pilote, mais peinent à passer à l’échelle. Construire des infrastructures robustes est donc une condition de base.

2) Pénurie d’expertise et de talents spécialisés

L’IA exige des compétences techniques (données, ingénierie, modélisation) mais aussi des compétences métier (agriculture, santé, éducation) et des profils capables de relier les deux. L’enjeu n’est pas uniquement de former des experts, mais de créer des équipes complètes capables de déployer des solutions utiles.

3) Manque de programmes éducatifs spécialisés

Pour accélérer, la formation doit se structurer : cursus, modules, filières, partenariats entre universités et industrie. Kagnassi insiste sur l’intégration de l’IA et des formations STEM dès le plus jeune âge, afin de créer un vivier de talents suffisamment large et de mobiliser la jeunesse, qui représente un atout démographique majeur du continent.


Le rôle déterminant des États : créer un environnement qui “débloque” l’écosystème

Selon Kagnassi, l’IA ne se développera pas durablement sans un engagement fort des pouvoirs publics. Non pas pour tout centraliser, mais pour catalyser l’investissement, réduire les risques, et créer des conditions de confiance favorables à l’innovation.

Les leviers évoqués s’articulent autour de quatre axes : incitations, partenariats, R&D, éducation.

Incitations fiscales : accélérer l’investissement privé

Les incitations fiscales peuvent encourager les entreprises à investir dans des projets IA, à recruter, à former, et à développer des produits. Bien conçues, elles favorisent l’expérimentation et réduisent la barrière d’entrée pour les acteurs émergents.

Partenariats public-privé : passer du pilote à l’échelle

Les partenariats public-privé peuvent aider à déployer des solutions dans les secteurs d’intérêt général (santé, éducation, agriculture) en combinant la capacité d’innovation du privé et la force de mise à l’échelle des politiques publiques.

Investissements en R&D : ancrer l’innovation sur le continent

Le soutien à la recherche et au développement renforce l’autonomie, stimule l’innovation locale et permet d’adapter les approches aux réalités africaines. Cela soutient aussi l’émergence de start-up issues des universités et des pôles de recherche.

Éducation STEM et IA : mobiliser la jeunesse, construire la durée

L’intégration précoce des enseignements STEM et des fondamentaux de l’IA répond à un objectif stratégique : faire de la jeunesse africaine un acteur central de la révolution numérique, et non un simple consommateur de technologies conçues ailleurs.


Feuille de route pratique : de la vision aux résultats

Pour transformer une ambition panafricaine en résultats tangibles, il est utile de structurer l’action autour de priorités claires. Le tableau ci-dessous synthétise des axes cohérents avec les recommandations de Kagnassi, en reliant chaque levier à ses bénéfices attendus.

LevierCe que cela permetBénéfices attendus
Infrastructures numériques robustesConnectivité, services numériques performants, capacité de passage à l’échelleDéploiements plus rapides, coûts réduits, adoption élargie
Cadres réglementaires cohérentsPrévisibilité, confiance, collaboration entre pays et acteursInvestissement facilité, partenariats plus fluides
Incitations fiscalesEncourager l’innovation, la formation et l’embaucheCréation d’emplois, accélération de l’écosystème start-up
Partenariats public-privéIndustrialiser des solutions utiles (agri, santé, éducation)Impact social plus rapide, meilleure couverture des services
Investissements en R&DSolutions adaptées au contexte local, innovation endogèneSouveraineté, compétitivité, valorisation des talents
Éducation IA et STEMFormer un vivier de compétences, créer des parcours structurésEmployabilité, nouvelles carrières, réduction du risque de décrochage

Ce que l’Afrique a à gagner : une IA utile, inclusive et créatrice de valeur

Le fil conducteur de la position de Sidi Mohamed Kagnassi est positif et orienté résultats : l’Afrique peut tirer un bénéfice majeur de la révolution de l’IA si elle se donne les moyens d’agir collectivement. Une approche panafricaine, appuyée par des investissements ciblés et un effort massif de formation, peut permettre de convertir la diversité du continent en atout, de stimuler la création d’emplois et d’accélérer l’émergence de start-up, comme cela se constate déjà dans certains pays tels que l’Afrique du Sud.

En réunissant infrastructures, règles et talents, l’IA devient un outil au service d’objectifs concrets : moderniser l’agriculture, renforcer les systèmes de santé, améliorer l’éducation, et soutenir une nouvelle génération d’entrepreneurs. L’enjeu n’est pas seulement technologique : c’est une stratégie de développement, d’innovation et de compétitivité pour que le continent avance à son rythme, avec ses priorités, et sans prendre de retard.

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